Le Mystère du lac – Robert MCCAMMON

Note : 5 sur 5.

SYNOPSIS :

Ce que le petit Cory a vu ce matin froid de printemps, au fin fond de l’Alabama, jamais il ne pourra l’oublier : une voiture folle, surgie de nulle part, s’enfonçant dans les profondeurs du lac, un inconnu attaché au volant par des menottes.

Il luttera de toutes ses forces d’enfant pour découvrir la vérité et conjurer les puissances démoniaques que le mystère du lac a libérées. À la lisière du fantastique et du merveilleux, dans le décor mythique du sud profond, Le Mystère du lac évoque, au long d’un périlleux parcours initiatique, les sortilèges d’un pays à jamais disparu : celui de l’enfance.

Ce récit magnifiquement conté réunit les sensibilités de Mark Twain, Flannery O’Connor et Steven Spielberg.

« Le talent de McCammon est de savoir fondre intimement surnaturel et monde réel. » Newsday.


MON AVIS :

Il est de ces livres qui demandent beaucoup de temps, une fois refermés, pour mettre suffisament d’ordre dans son cerveau pour pouvoir en parler et leur rendre hommage comme il se doit ! Celui là en fait indubitablement partie et est certainement un des plus beaux romans que j’ai pu lire. Quel dommage que cet auteur si reconnu aux Etats-Unis soit autant boudé en France !

Le résumé de base nous parle d’un thriller sur fond de fantastique, mais l’histoire va bien au-delà d’un simple thriller, qui au final passe largement au second plan. C’est surtout une ode à l’enfance, à l’imagination, à toute cette magie que l’on peut avoir en nous quand on est gosse et que l’on a malheureusement trop souvent tendance à oublier en grandissant. L’histoire, divisée en 4 parties et rythmée par les saisons, nous est racontée par le personnage principal une fois adulte, et étant une grande fan de Stephen King, cette vision de l’enfance pleine de nostalgie m’y a beaucoup fait penser.

Ce roman est une leçon de vie ! On aborde énormément de thèmes, tels que le racisme (l’histoire prend place dans le sud des Etats-Unis durant les années 60…), la religion, l’évolution de la société qui se fait parfois au détriment des « petits » travailleurs locaux, le pouvoir que l’on a l’impression d’avoir et que l’on se donne sur la nature alors que nous ne sommes rien, l’amitié, le deuil, etc…

C’est extrêmement émouvant et bien écrit. La sensibilité de ce petit garçon qui voit de la magie partout et qui refuse de croire que l’on puisse faire du mal sans raison est hyper attendrissante. C’est un roman initiatique et on évolue avec lui, dans ses questionnements sur le bien, le mal, la vie, la mort, la misère, mais aussi dans son petit quotidien avec ses amis, ses jeux, son vélo, ses BD et son imagination sans limites. Cette enfance merveilleuse telle qu’elle doit être !

L’auteur soulève beaucoup de questions et de réflexions et j’ai souvent dû poser mon bouquin quelques minutes ou quelques heures, pour m’imprégner de ce que j’étais en train de lire, pour mettre des citations de côté (parfois des petits passages, souvent des pages entières), pour tenter de ravaler mes larmes ou simplement relire encore et encore le même passage parce que l’auteur a une plume envoûtante et que c’est juste un roman qui se savoure…

Je pense que je pourrais en parler encore pendant des heures alors je vais m’arrêter là ! En tout cas c’est un roman que je vais garder bien précieusement, pour pouvoir le lire et le relire jusqu’à ce que les pages s’arrachent, que je vais prêter encore et encore et que je ferais inévitablement lire plus tard à mes enfants.

Mais moi je savais. Quand j’avais douze ans, le monde était ma lanterne magique. Dans sa lueur verte se levaient le passé, le présent et l’avenir. Pour vous aussi, sans doute, mais vous avez oublié. Nous naissons tous magiciens et voyants. Nous venons au monde pleins de cyclones, de comètes, de feux de forêt. Nous savons lire dans les nuages, chanter avec les oiseaux et voir notre destin dans les grains de sable, mais en grandissant, nous perdons notre magie à coups d’éducation, d’instruction religieuse, de peignes et de gants de toilette. On nous force à marcher droit. On exige de nous que nous nous conduisions comme des grands, des adultes, des gens responsables… Et vous savez pourquoi ? Parce que ceux qui nous le demandent ont peur de notre naturel, de notre liberté. Parce qu’ils sentent en nous cette magie qu’ils ont laissée dépérir en eux, qu’ils sont amers et honteux d’avoir perdue

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